Les troubles dys : repérer, comprendre, accompagner
Il est vif, curieux, plein d’idées… mais lire, écrire, compter ou s’habiller lui demande un effort immense. Les troubles « dys » touchent plusieurs enfants dans chaque classe. Ce ne sont ni de la paresse, ni un manque d’intelligence : leur cerveau apprend autrement. Bien repérés et accompagnés, ces enfants avancent, à leur façon.
C’est quoi, un trouble dys ?
Ce sont des troubles du neurodéveloppement qui touchent un apprentissage précis, de façon durable, alors que l’enfant est intelligent, scolarisé normalement et qu’il voit et entend bien. Ils existent dès l’enfance et persistent à l’âge adulte, mais se compensent avec de l’aide. Ils sont souvent associés entre eux, ou à un TDAH.
Les principaux troubles
- La dyslexie : la lecture. Lecture lente et hachée, confusions de sons (b/d, f/v), grande fatigue.
- La dysorthographie : l’orthographe. Le même mot écrit de plusieurs façons, accords difficiles, même quand la règle est connue.
- La dyscalculie : les nombres. Confusions de chiffres, tables difficiles à retenir, l’heure et la monnaie compliquées.
- La dyspraxie, ou TDC (trouble développemental de la coordination) : les gestes. Écriture lente, lacets, ciseaux, sport, repérage dans l’espace.
- La dysphasie, ou TDL (trouble développemental du langage) : le langage oral. Phrases courtes, mots déformés, consignes mal comprises.
Les signes qui doivent faire consulter
- Avant l’école : pas de petites phrases vers 2 ans et demi, un langage difficile à comprendre vers 4 ans, une grande maladresse pour s’habiller ou dessiner.
- À l’école : des difficultés qui persistent malgré l’aide de la maîtresse et les efforts de l’enfant, un écart net entre ce qu’il sait à l’oral et ce qu’il produit à l’écrit.
- À tout âge : une fatigue, un découragement ou une perte de confiance liés à l’école.
Le parcours
- 1. Le médecin (traitant, PMI, médecin scolaire) fait un premier repérage et prescrit les bilans. Vérifiez la vue et l’audition.
- 2. Les bilans, selon le trouble : orthophoniste (langage, lecture, orthographe, calcul), psychomotricien ou ergothérapeute (gestes), neuropsychologue. L’orthophonie est prise en charge par l’Assurance maladie sur prescription.
- 3. Avant 12 ans, la plateforme de coordination et d’orientation (PCO) de votre département peut organiser et financer un parcours de bilans et d’interventions précoces, y compris en psychomotricité ou ergothérapie : demandez à votre médecin.
- 4. Les cas complexes sont vus dans un centre référent des troubles du langage et des apprentissages.
À l’école
- Le PAP (plan d’accompagnement personnalisé) : demandé à l’école, il liste les aménagements (temps en plus, documents adaptés, ordinateur…), sans passer par la MDPH.
- Le PPS (projet personnalisé de scolarisation), via la MDPH, quand il faut plus : matériel pédagogique adapté, accompagnant (AESH), et parfois une allocation (AEEH).
- Aux examens (brevet, bac) : des aménagements comme le tiers temps ou un ordinateur, à demander dès le début de l’année.
À la maison
- Valoriser ses forces et ses efforts, pas seulement les résultats.
- Alléger : devoirs courts, pauses, lire à voix haute pour lui, livres audio.
- Les outils : ordinateur, dictée vocale, correcteur, calculatrice selon les cas.
- Le protéger des moqueries, et lui expliquer son trouble avec des mots simples : « Ton cerveau apprend autrement, et on va t’aider. »
Un trouble dys ne dit rien de l’intelligence d’un enfant. Il dit seulement par quel chemin il apprend.
Sources : Haute Autorité de santé, « Comment améliorer le parcours de santé d’un enfant avec troubles spécifiques du langage et des apprentissages » (2017) ; ministère de l’Éducation nationale, scolarisation des élèves à besoins particuliers (PAP, PPS) ; handicap.gouv.fr, plateformes de coordination et d’orientation.
Questions fréquentes
Quand faire un bilan pour un trouble dys ?
Quand les difficultés persistent malgré l’aide de l’école et les efforts de l’enfant, ou dès la maternelle si le langage ou les gestes posent problème. Parlez-en au médecin, qui prescrit les bilans.
Quelle différence entre PAP et PPS ?
Le PAP se met en place avec l’école, sans la MDPH, pour des aménagements simples. Le PPS passe par la MDPH quand il faut plus : matériel adapté, accompagnant, allocation.
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